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La bafouille n° 6 du Prof

 

Lundi 11 novembre 2010

Session ou cession, telle est la question Le texte peut être téléchargé.

En écho de la bafouille (de l’an) zéro, une bafouille en quatre temps
Une session d’épreuves intégrées vient de se dérouler avec des fortunes diverses mais aussi des enseignements. Lors d’une précédente aventure, un ex-étudiant m’avait lâché un lapsus bien contrôlé (il travaille pour Sigmund) : « cession ou session ». Ainsi, la question devient évidente et le questionnement désormais urgent !
Faut-il céder à la réussite ? Faut-il donner et s’adonner à la facilité que cette cession procure ? Si l’enjeu est la tranquillité de l’institution et de ses représentants, professeurs, alors cédons. Si la finalité est de préserver un ordre établi, alors cédons. Si l’objectif est d’assurer le marché de l’école et/ou d’asseoir une (certaine) notoriété à cette même école, alors cédons. Mais à force de céder, que nous restera-t-il ? Céder, c’est donner et non prendre ! Si nous cédons, vous n’aurez rien appris !
Accéder à une formation diplômante ne revient pas à posséder, par avance, le diplôme en blanc comme le chèque du même acabit. Alors plutôt que de céder à la réussite, n’est-il pas plus convenu, d’un point de vue pédagogique, de s’aider à la réussite, de s’entraider à la réussite ?
Dans le prolongement de notre primo débat, évoquons la seconde ou deuxième session. Elle a quelque chose de dérangeant, de douloureux et de violent. Elle est reflet de l’échec, même si c’est l’ajournement qui est prononcé pour non atteinte des compétences attendues. Echouer ? Il est curieux ce verbe qui signifie « faire reposer sur le sable ». Dans notre cas, il s’agit plus de l’accident qui arrête la route du navire par sa rencontre brutale avec un haut-fond rocheux. Si nous optons pour le verbe, il nous faut ensuite un sujet. Qui échoue ou, plus exactement, qui ne veut pas échouer ? L’étudiant, certes ! Sauf à perdre un peu de temps, il n’a rien à perdre, il n’a qu’à prendre, prendre la mesure de son … apprendre ! Qui  alors ? Qui veille à assurer au plus grand nombre de "bonnes" vacances ? Seconde session, c’est surcroît de travail ! A ne pas s’en servir y compris lorsqu’il le faudrait, la question devient : qui ou qu’est-ce qui devient vacant ?
N’oubliez jamais qu’il est plus aisé de laisser réussir, même de justesse, et, de ce fait, être apprécié car magnanime. N’oubliez jamais qu’il est moins aisé de s’interroger, de se questionner ensemble sur les raisons de cet échec comme les moyens de le dépasser. Ensemble … oui, l’étudiant, le professeur, le corps professoral, l’institution scolaire et même la profession, son « milieu » !
Tertio, dans ces deux situations, les victimes, peu innocentes, crient alors au harcèlement. Le prof n’est pas magnanime, il me tourmente sans cesse et l’acmé de cette épreuve est atteinte lorsqu’ils se mettent à trois voire quatre, de front, face à leur victime. Si vous ne supportez cette mise en difficulté, au point de la qualifier d’harcèlement, alors ne désirez pas devenir cadre, surtout de proximité et en soins de santé. Si vous considérez que poser des questions pour donner de la valeur (évaluer) et ainsi élever des acquis (pris) au rang de compétences, alors cessez d’harceler vos enfants comme le moindre de vos subordonnés. Si critiquer est, pour vous, synonyme d’harceler, alors et surtout ne jugez jamais ; et, par la même occasion, oubliez votre humanité faite d’imperfections et de perfectibilités !
A moins de considérer ce qui suit : présenter, plus encore, soutenir une épreuve intégrée est une opportunité singulière. Singulière ne veut pas dire unique, vous avez droit à deux sessions. Singulière, elle l’est surtout parce que l’étudiant est le seul à pouvoir transformer cette situation scolaire en une discussion professionnelle, entre professionnels. Certains y arrivent !
Je termine avec ce quatrième volet. Je ne pouvais signer cet éditorial sans évoquer en votre compagnie (sic) le rôle de garant. Le garant est celui qui répond de la dette d’un autre. Je vous laisse savoir de quelle teneur est cette dette. La garantie n’est en aucun cas celle de réussir mais de trouver un accompagnement, un accompagnant : celui avec qui « on » partage le pain, la peine aussi, celle du travail. Avant de conclure, j’extrais ces phrases du Réservoir : « Je ne suis pas maître penseur, je ne suis pas maître panseur : il me reste tant de choses à apprendre. J'essaie modestement d'être un maître passeur, plus passeur que maître. Autrement dit, je veux juste vous permettre d'être ce que vous êtes ! »
Enfin, je ne regrette aucune seconde session prononcée, que cet échec ou ajournement de la réussite concerne un cours, une unité de formation ou même la plus noble d’entre elles, l’épreuve intégrée. J’ai souvent même et ainsi apprécié la trans-formation que permet cette sanction. Si tu le veux bien, toi mon ex-étudiant, je t’emprunte ces mots de la fin (double sens) : « Cela nécessitera de la part du "corps professoral" , des aînés, de passer du temps afin de continuer à faire changer ces a priori ».

Patrick

Pour reprendre la formule consacrée des textes en vigueur (retour).
Le terme de session fait référence au temps, et étymologiquement à la position assise (retour).
Ou paroxysme (retour).
Inique, non plus d’ailleurs  (retour) !
Pour les amateurs de digression linguistique, pain en anglais signifie peine, douleur (retour).
Ndlr : pourquoi a-t-il mis des guillemets ? Propose-t-il une extension de ce corps ? (retour)
Patrick vous invite à reprendre le fil de l’araignée. Vers le haut de page
Le texte peut être téléchargé.