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La bafouille n° 0 du Prof

 

mardi 10 octobre 2009

A propos du deuil
Le texte peut être téléchargé.

Les messages, et l’inquiétude qu’ils portaient en eux, ont apporté réconfort et m’invite à continuer à croire. Il convient néanmoins de préciser certains éléments. Cet événement comme vos réactions confirment que la communication ainsi que les stratégies qu’elles autorisent doivent devenir une compétence au service de nos valeurs et de nos idéaux.
De nature susceptible, je suis ; je suis susceptible de réagir très vite et intensément. Le dépôt d’un recours, bien qu’attendu, m’a fait réagir de la sorte. Mais qu’est-ce qu’un recours ? Je vous répondrai que nul étudiant ne peut ignorer les règlements auxquels il se soumet par son inscription. Vous avez en vos ordinateurs un document intitulé ROI pour Règlement d’Ordre Intérieur qui évoque cette possibilité. Le recours est un instrument au service de l’étudiant bien qu'Il interroge les pratiques de l’enseignant, particulièrement dans leur dimension évaluative. C’est une « bonne » chose sauf que … à mal y recourir, on risque de pervertir l’outil et, de la sorte, le déprécier en le détournant de sa fonctionnalité initiale. Je vous invite à creuser le sujet.
La représentation qui peut advenir de cette manipulation (sic) est la suivante. Comme de l’usage des certificats médicaux, le recours peut devenir un moyen, subterfuge, pour obtenir l’attestation de réussite … sans réussir. C’est, parfois, recourir à un artifice administratif pour recouvrir, dissimuler sa médiocrité. L’avalanche de recours, dont la forme n’est pas toujours dans le respect du texte qui organise cette disposition, témoigne à mon sens de ce détournement. Alors, en écho à Corneille, je rétorque alors : « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » !
Pour autant, je ne revendique pas l’abrogation de ce droit de l’étudiant vieux de 10 ans. Sans doute, existe-t-il des institutions qui hébergent des enseignants peu soucieux de l’éthique pédagogique ? Je reste convaincu que, dans bien des cas, un dialogue, en amont des difficultés, doit être mis en place et la volonté de ce dialogue revient aux deux acteurs de la relation pédagogique. Et si le recours n’était que le signe extérieur (le symptôme) de son absence ?
Poursuivons le questionnement qui émerge de cette situation critique. Il me semble opportun de rappeler qu’un ajournement ou un échec, bien que ressenti comme une sanction, est avant tout une décision qui se veut tourner vers le développement de l’individu concerné. Faut-il réitérer instamment et avec insistance que vous n’êtes plus des collégiens ? Même, arrivé au stade de l’échec attesté, il est toujours possible de dialoguer pour comprendre. N’est-il pas essentiel de comprendre pour apprendre ? Et ainsi, apprendre autant (et plus) de nos échecs que de nos succès ! Dernière interrogation dans l’ambiance du Cid de Corneille : perdons-nous la guerre lorsqu’une bataille nous fait reculer ou mettre le genou en terre ?
La phrase qui suit aurait pu être extraite de La Guerre des boutons, tout comme la photo utilisée dans les Nouveautés lors de la rentrée 2009-2010. Un tantinet trublion, Petit Gibus proclame : « M’sieur, je n’apprends rien à vot’cours » et Prof de répondre sur le ton emprunté : « Mais n’y a-t-il rien à prendre ? »
Je poursuivrai : ici, peu ou pas de savoir(s), peu ou pas de ces savoirs à dupliquer, à répliquer psittacidement (néologisme) mais beaucoup, énormément même de vouloir et peut-être de pouvoir. Vouloir s’essayer et de se dépasser. Vouloir s’essayer à se surpasser. Et finalement, pouvoir se dépasser en s’essayant. Là résident les enjeux majeurs des moments que nous partageons, là résident les tenants et les aboutissants de ce reflet, jamais parfait, de vous-même que l’on appelle mémoire. C’est dans cette zone, en permanente effervescence, que se positionnent aussi et ainsi mes évaluations en osant qu’elles vous servent, qu’elles vous interrogent.
Il reste à choisir : les questions ou la réponse ?

Patrick

Patrick vous invite à reprendre le fil de l’araignée. Vers le haut de page
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Et les raisons peuvent être nombreuses ! (retour)
Non pas le chanteur mais Pierre Corneille, l’auteur du Cid.(retour)
La guerre des boutons est un film d’Yves Robert, sorti en 1962 et inspiré du livre éponyme de Louis Pergaud. (retour)