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Objectifs du réservoir

Les objectifs ici relatés devraient se transformer en autant d'ACTIVITES et de PROJETS avec le concours de la communauté.L'idée de ce "réservoir de pensées" est reprise, partiellement et surtout modestement, des "THINK TANKS" avec comme question d'abord et exclamation ensuite : Pourquoi pas nous ? Pourquoi pas nous ! Nous ? Nous : l'idée est née aussi au sein d'une école, plus exactement de sa section cadres de santé, en compagnie des étudiants et des professeurs. Le lien avec l'école et cette section est bien présent ! Le premier objectif de ce "réservoir" est donc une aide, certains diraient un accompagnement, un "coaching" de la communauté au développement des productions voire des créations des uns et des autres.
Quelle est cette communauté ? Celle que nous déciderons de constituer et de faire vivre par ce site. Ce site Internet est à considérer comme un organisme vivant que nous ferons grandir ou laisserons mourir. Participer à l'élaboration des travaux de fin d'études (TFE), mémoires ou épreuves intégrées reste l'objectif initial. Si c'est un premier objectif, c'est que d'autres doivent ou devraient suivre. Des enjeux dépassent l'enjeu de l'épreuve intégrée (TFE) auquel ce site se destine initialement. Les prétentions dépassent même l'enjeu de la scolarité ou de la formation : à vous de CHOISIR !
L’ambition est de partager, par l’écriture, la vision et la vie d’une culture soignante, dans l'assertion la plus large de ce terme. C'est appliquer le faire savoir pour faire valoir emprunté à Voltaire depuis l'affaire Calas. Notre affaire est aussi à suivre !

"C'est quoi un think tank ? "
Ce texte peut être téléchargé en cliquant sur l'image.


La notion de think tank est à la genèse du nom de ce site comme de ses vocations. De plus, un réservoir est un cadre en 3D : voilà une formule « géométrique » intéressante. Mais d’où vient ce terme de think tank, de réservoir de pensées ?
Comme le vocable le laisse penser, il faut traverser la Mer du Nord, et même remonter en 1884, pour découvrir l’origine de cette expression. La première « boîte où penser » était la Fabian Society qui cherchait par des moyens non révolutionnaires de diffuser les idées socialistes et ainsi promouvoir des réformes sociales. C’est pourtant outre-atlantique que le phénomène va se développer et même s’institutionnaliser. La Brookings Institution est née en 1916 et est encore active dans les domaines de l’économie, de la politique internationale et de la gouvernance. Ici, deux attributs essentiels doivent être soulignés car ils sont constitutifs du mouvement des think tanks : l’indépendance et le caractère non partisan. Ces caractéristiques permettent, en outre, de différencier les « vrais » think tanks des autres puisque l’appellation prestigieuse a fait des envieux qui se l’approprient.
Avec le chewing-gum, la fin de la Seconde Guerre Mondiale va l’importer dans nos pays européens. Le premier réservoir de pensées sera même belge puisque Egmont est fondé en 1947 et les questions de politique internationale sont son domaine de prédilection. Dernièrement, le phénomène ne fait que s’amplifier et devient même un sujet d’études (voir 1, 2 ou 3).
S’intéressant au domaine social dans son ensemble ou face à un enjeu particulier au sein de celui-ci, un think tank est donc une institution de droit privé émettant des idées et visant à faire des propositions de politique publique. Il est dit : « laboratoire d'idées », « cercles de réflexion » ou encore « institut indépendant de recherche sur les politiques ». Dans son livre, P-E Moog propose dès le titre une définition relativement consensuelle : « groupes de réflexion et d'influence». Nous avons appris à distinguer l’influence de la manipulation. Toutefois, le trouble persiste entre un think tank, un lobby, un mouvement politique, un cabinet de consultants, une ONG ayant une vocation de proposition ou une « société de pensée » regroupant des élites qui cherchent à changer le monde. Tentons dès lors de compléter les deux caractéristiques déjà énoncées à savoir l’indépendance et le caractère non partisan d’un réservoir de pensées.
Doté d’une certaine autonomie, y compris financière, un think tank prétend faire une analyse du monde en vue du Bien Commun et non au profit d'intérêts particuliers. Pour les sociologues, l’essor de ce type d’associations traduit l'émergence de la société civile révélant le nouvel enjeu démocratique. En conséquence, ce genre associatif peut être considérer comme un acteur au sens de Crozier et Friedberg. Il le sera encore plus dans la nécessaire diffusion ou médiatisation des idées, réflexions et autres débats ; le faire savoir. Pour l’analyse stratégique encore, maîtriser l’information traitant d’une zone d’incertitude confère bien une influence, de ce fait, un pouvoir. En ce sens, un think tank se réclame de valeurs particulières, exposant et défendant des idées comme les libertés économiques, la justice sociale, la liberté de la santé, l'éducation, la religion, les technologies, la stratégie, etc. Le nom de certains think tanks s’inspire de grands hommes : l’Institut Montaigne ou Thomas More, le Cercle Alexis de Tocqueville tandis que d’autres donnent le ton : Notre Europe, la Fondation Concorde ou le Club des vigilants.
De la démocratie, il en est donc bien question ! Même si le vocable tank désigne une arme offensive, l’allusion peut se poursuivre dans la guerre des idées ; le think tank est une « soft power ». Littéralement, un think tank est un « réservoir à penser ». Or, puisque la pensée précède (ou devrait) précéder l’action et le mouvement ; un think tank peut être considéré comme un réservoir d’actions, nous dirons, de projets. Il peut être aussi réservoir de talents, de compétences et ainsi les mutualiser par la production collective d’idées et de projets.
A nous ?! La santé des hommes, et donc de la société, nous occupe et nous préoccupe quotidiennement. La santé est un bien moral et économique. Nous sommes dès lors en droit, oserai-je dire dans l’obligation, de faire politique de nos valeurs de soignants. Le politique, c’est « décider aujourd'hui, préparer demain et imaginer après-demain». Pourquoi ne pas choisir après-demain, histoire d’être, cette fois, au rendez-vous ?
Pour y parvenir, le réservoir de pensées se veut et souhaite se placer au-delà du corporatisme ou d’un terrain d’exercice, bref d’un particularisme … en s’ouvrant et en décloisonnant. Un think tank fait œuvre de divergences. Il convient ainsi de lutter contre la pensée unique et donc l’arbitraire ! La pensée unique comme la mono-culture sont stérilisantes ; la stérilité mène à la disparition d’une espèce (cf. jaipeur). Les enjeux sont de l’ordre macroscopique et résident dans la polyvalence ; au moins de la pensée. Le réservoir à penser, et dès lors toutes les pensées et projets qui s’y trouvent, se veulent critiques. Ainsi rassemblées, ces réflexions se doivent de dépasser, voire même de surpasser, du moins nous le souhaitons, les seules considérations professionnelles bien que l’une ne peut se développer sans l’autre : la profession et la société dans laquelle elle s’inscrit hic et nunc ! Les débats d’idées sont donc ouverts par ce site au-delà de la formation, au-delà de l’institution scolaire, au-delà de l’hôpital qui nous identifie encore trop souvent, au-delà de notre profession de soignant.
Donnons donc de la valeur à nos idées par la curiosité, l’esprit critique ; cette pensée complexe chère à Edgar Morin qui reprend et complète cette phrase de Pascal : « Travailler à bien penser, voilà le principe de la morale». Il est donc question d’éthique et de valeurs dans l’introduction de réflexions alternatives comme nous y invite Carpentier-Tanguy dans son article.
Réservoir ou réserve (d’indiens) ; il nous faudra choisir. Trop longtemps sur la réserve, les soignants doivent sortir de leur réserve, élevée au rang de stigmate déterministe de la profession. Il s’agit de construire ni île (nihilisme), ni tour d’ivoire mais d’exprimer, de s’essayer. Oui, s’essayer … sans attendre tout de l’autre (lequel ?), sans attendre tout du système ou de l’Etat (appelons cela comme on veut d’ailleurs). S’essayer, c’est exercer son humanité faite de devoirs et de droits, de libertés comme de responsabilités. S’essayer sans prétendre à l’unanimité. Oserons-nous être prospectif, imaginatif et donc créatif ? Oserons-nous user du faire savoir pour faire valoir, emprunté à Voltaire ? Empruntons-lui encore son art rhétorique de la persuasion, la force des convictions ainsi communiquées. Notre voix sera celle du réseau des réseaux : Internet et ce site, le vôtre.
Alors mettons-nous à penser en pansant, à être présent et pensant ; et ainsi devenir des « idéalistes pragmatiques » qui tenteront de répondre à des questions sans attendre qu’elles se posent, sans attendre qu’ « on » soit tenté de nous les poser !
Et remplissons ce réservoir…

PATRICK
D'autres références, en lien avec la notion de démocratie et de think tanks, sont accessibles en page "liens".
Ce texte peut être téléchargé en cliquant sur l'image.

Commentaires :

  1. Fondation ou Association Sans But Lucratif (retour)
  2. Groupe d'intérêt et de pression (retour)
  3. X. Carpentier-Tanguy dans son article consultable (retour)
  4. Suite : « L'éthique doit mobiliser l'intelligence pour affronter la complexité de la vie, du monde, de l'éthique elle-même... C'est une éthique de la compréhension, qui n'impose pas une vision manichéenne du monde... C'est une éthique qui rencontre sans cesse l'incertitude et la contradiction en son sein. Une éthique sans fondement autre qu'elle-même, mais qui a besoin d'appuis à l'extérieur d'elle-même : ... s'appuyer sur une anthropologie et connaître les situations où elle se pratique... » La suite de cette suite est dans Morin E., Mes démons, Stock, 1994. (retour)
  5. Merci à Max Gallo pour son « Moi, j’écris pour agir » qui vient de paraître chez Fayard ainsi qu'à Pierre Milza pour son impressionnante biographie de "Voltaire" paru chez Perrin. (retour)
  6. Cette formule est de Smith et proposée par Carpentier-Tanguy (retour).
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